Pierre ANDREAU
Fondateur du Cabinet, en 1983, il le fait progresser pour devenir rapidement LA COMPAGNIE JURIDIQUE. Par les nombreuses opérations de cession, acquisition et restructuration, il développe sa compétence en matière de périmètre stratégique des sociétés et d'organisation préventive au service de l'action des dirigeants et des actionnaires. Dès 1990, il devient conseil et accompagnateur de sociétés dans leurs opérations d'appel public à l'épargne ou de désengagement de haut de bilan. Sa connaissance du droit des valeurs mobilières est un atout dans la maitrise diversifiée du contrôle des sociétés. L'ampleur prise par le droit économique comme instrument de contrôle étatique est l'occasion du développement de cette branche qui est essentielle dans la défense des intérêts privésde l'entreprise. Au reste, l'organisation et la protection des actifs sociaux n'excluant pas la mise en oeuvre de la vigueur coercitive de l'action judiciaire, complètent ses champs de compétence. Les objectifs du Grenelle de l'Environnement (1 100 MW en 2012 et 5 400 MW en 2020) confirment que l'énergie photovoltaïque est un relais de croissance et de création d'emplois. Les modifications fréquentes de la règlementation applicable au secteur des centrales industrielles ont favorisé le développement de techniques de financement pour lesquelle Maître Pierre ANDREAU est intervenu activement ainsi qu'à l'occasion des choix fiscaux adaptés aux différents types d'opérations.

Actualité de l'évolution de notre Cabinet - Le développement d'un Business Model d'Avocats
Le cadre de travail d'une entreprise lui permettant de dégager des bénéfices, de gagner des marchés, de créer des valeurs économiques, sociales et/ou d'autres formes de valeurs selon son secteur d'activité sont ce qu'il est convenu d'appeler le business model de cette entreprise. Nous avons particulièrement apprécier la proposition de Maximilien BRABEC de définir le business model comme le "vecteur potentiel de rupture stratégique par rapport à la concurrence". Le marché du conseil juridique en droit des affaires est un marché mature à croissance faible et ceci bien que son contenu se réactualise sans cesse et que les règles y soient en constant changement.
Nous dirons que les changements dans le contenu des matières traitées ne procèdent pas d'un renouvellement du marché auxquelles elles s'adressent. Ces changements sont souvent perçus par les entreprises, nos clientes, comme des ruptures de prévisibilités et des causes d'insécurités économiques. Les législations changent mais les charges d'exploitation demeurent et les échéances des emprunts d'investissement aussi. Et ces changement sont devenus si fréquents qu'ils ont en quelque sorte affecté la définition du contenu même de notre activité. Ils sont devenus inhérents au domaine d'activité du droit des affaires.
A la fois aléatoires et radicaux, les "réformes" sont devenues conjoncturelles et imprévisibles, des lois d'exception parfois confirmées ou subitement abandonnées. Parmi tant d'autres citons les modifications incessantes des plans en faveur ou en défaveur des énergies renouvelables. La principale mesure d'incitation fiscale en faveur de la production d'énergie renouvelable qui permettait, jusqu'au 1er janvier 2011, d'amortir sur une durée de 12 mois les matériels destinés à économiser l'énergie et les équipements de production d'énergies renouvelables. Cette mesure était réellement incitative puisque la durée de vie des installation solaires, pour ne citer qu'elles, est généralement garantie par le fabricant pour 20 à 25 ans. Parallèlement, les constructeurs de centrales solaires pouvaient conclure avec ERDF un contrat de distribution d'électricité à prix garanti pendant 20 ans. Double incitation pour les investisseurs et les banques de financement. L'échéance fiscal n'a pas été renouvelée alors que le développement des moyens de production d'énergie solaire commençait à peine. Fait aggravant un décret paru le 09 décembre 2010 gelait pendant 3 mois, sans préavis, la possibilité de conclure de nouveaux contrats avec ERDF à prix prédéfini. Il s'en est suivi un arrêt immédiat des projets en cours et une mise en danger économique des entreprises fortement engagées dans ce secteur.
Passer brutalement du chaud au froid rend peu à peu insensible aux variations. Chacun s'attend à l'inattendu puis l'inattendu devient attendu. Ce qui s'applique aux marchés fréquentés par les entreprises a fini par contaminer les activités des Cabinets d'Avocats en droit des affaires. Aussi le droit des affaires n'est plus, aujourd'hui, réellement affecté par les nouveautés qui y sont publiées. La nouveauté se banalise en quelque sorte; elle n'est plus génératrice en tant que telle d'originalité ou de facteurs de différentiation stratégique utilisable par un Cabinet par rapport à la concurrence des autres Cabinets. La nouveauté est devenue consubtentielle à la technicité qui affecte les règles de ce marché.
Ce phènomène n'a rien de naturel et dans les secteurs économiques traditionnels et historiques il reste exceptionnel. La lourdeur des structures de production et de distribution y sont par nature contraire à ces changements brutaux qui restent exceptionnels et synonymes de rupture définitive d'un équilibre financier souvent fragile. L'esprit d'invention et d'innovation y reste aussi mieux encré et toujours source de différentiation de la concurrence et de relance économique.
L'inventeur du tracteur permettant de labourer les champs sans que l'agriculteur ait besoin de sortir de son bureau, constitue une rupture stratégique par rapport à la concurrence dans le monde des fabricants de tracteurs. Les téléphones Blackberry ou Iphone se différencient par leurs innovations technologiques. L'innovation provoque ici le changement et ce changement produit des résultats commerciaux et financiers positifs. La différence essentielle est que cette innovation vient de l'intérieur et le changement qui en découle est librement consenti, voir prévu et programmé; au contraire le changement dans le domaine du droit des affaires vient de l'extérieur, généralement des autorités chargées de la régulation; cette contrainte subie est rarement bienvenue tout au moins lorsqu'on s'inscrit dans la durée.
Les Lois de Finances mettent en place des nouveautés, imposées, mais ne créent pas de facteurs dynamiques de différentiation stratégiques dans le marché du droit des affaires permettant à un Cabinet d'Avocats de se saisir de la nouveauté pour devancer ses concurrents. Tout au plus s'établit-il une course à l'échalotte: c'est celui qui aura le mieux assimiler le changement et dans le plus bref délai qui aura peut être la chance de se différentier pendant 1 mois ou 2.
On voit bien que dans les deux types de cas cités un élément fondamental fait la différence. Dans un cas, chez Blackberry ou Iphone, la nouveauté est générée et structurée par l'intérieur pour être révélée au monde économique pour surprendre le marché et disposer d'un facteur fort de différentiation. C'est cette avance qui est génératrice de bénéfices.
Dans l'autre cas, le jongleur a rajouté deux quilles de plus et jongle avec quatre quilles; ce qu'il fait proprement mais sans que cela soit exceptionnel - l'Avocat subit les créations et les nouveautés du pouvoir politique (au sens large).
Dans le premier cas il y a une culture du Business Model et une véritable possibilité de le développer, dans le second c'est le pouvoir politique central qui développe son propre Business Model et qui, faute de concurrent sur son marché intérieur, l'y applique autoritairement.
Dans une démocratie à la française, la seule concurrence d'un gouvernement est électorale et le gain recherché s'exprime en légitimité instantanée. Il y a bien une clientèle électorale mais à proprement parler le marché est monoproduit. L'absence de marché concurrentiel interne pour les gouvernements et Parlements, n'empêche pas l'existence d'un semblant de Business Model. Mais ce Business Model tient plus du marketing politique que de la recherche de gains financiers et économique; son objet est celui de profits en terme de légitimité, voire de gains en "audimat", de réussite électorale. Il s'agit d'une entreprise de cosmétique permanente qui cache le veillissement de la peau et l'usure du temps. La pommade fiscale, ne peut cacher la dette souveraine non plus que l'amoindrir. La Crème de Jouvence de chez Boréal est impuissante dans le rajeunissement de la peau.
Dans les tracteurs ou les téléphones on est dans la création de progrès économiques, de bien être et d'efficacité en terme de résultat. Dans l'autre on est dans le domaine de l'inéluctable et de la contrainte.
Il y a à se demander si là ne se trouve pas les raisons de l'échec des mesures de politiques économiques incitatives, justement parce que l'incitation y est forcée. Si un gouvernement instaure un ensemble de règles incitatives au développement d'un domaine économique, c'est généralement qu'il s'agit d'un domaine en difficulté où l'absence de profits menace la vie collective. Malheureusement imposer une contrainte sur un membre malade apporte de la souffrance au reste de l'organisme et l'histoire montre que le malade n'est pas guéri. Ces échecs tiennent au fait de s'appliquer à des "opportunités" obligatoires auxquelles on applique un remède uniforme et égalitaire: tout le contraire de ce que recherche le Business Model.
Nous pouvons dire que pour le marché du droit des affaires, la taille du gâteau n'augmente plus alors que le nombre des invités à table augmente. Parallèlement, la complexité des règles du droit des affaires est devenue telle et la réussite économique de la clientèle diminuant qu'on peut dire que le repas est plus lourd; denrée difficile à "vendre" pour le professionnel du conseil aux entreprises.
Ce phénomène a permis l'émergence de véritables scientifique du droit, tantôt jongleurs tantôt virtuoses dans la partition de leur spécialité fiscale, sociale, économique ou autres niches. C'est dieux du stade tentent d'être incontournables et sont parfois pendant un temps incontournés. Il reste qu'ils ne développent que de la technicité sans créativité propre. Ils sont rapidement noyés dans une concurrence toute aussi technique surtout lorsque les avatars des crises économiques détruisent la clientèle avec laquelle ils excellaient.
Ce sont certes des bons accompagnateurs mais qui courrent le risque de se voir demander de rester à domicile; tel fut le cas de nombreux confrères lorsque la crise financière internationale mit fin pour un temps au business des Merger & Acquisitions et autres Business Sale.
Là n'est donc pas l'essence d'un Business Model pour Avocats; on peut simplement dire que les professionnels se concentrent alors sur l'optimisation de l'existant. Peu à peu les offres deviennent identiques, mouvement d'uniformisation qui fait augmenter l'intensité de la concurrence et diminuer les profits.
Les pôles d'excellence d'hiers sont aussi nécessaires à l'activité économique du droit des affaires d'aujourd'hui que les galeries de portraits d'ancètres le sont pour les dynasties futures.
La phase d'évolution suivante pour les Avocats Conseils Juridiques aurait pu être de chercher à renouer avec le profit et se démarquer tant dans le fonds des matières que dans la forme de l'approche métier. Mais pour cela il aurait fallu abandonner les recettes d'hiers.
Au lieu de cela ils se sont jetés dans une recherche de soutiens de réseaux: réseaux d'influences, réseaux d'entreprise, associations techniques, diverses et variées. Dans quel but? Celui d'obtenir du réseau qu'il prolonge un succés en train de périr. Certes les réseaux ont démontré leur efficacité en ce sens qu'ils ont porté plus longtemps et plus loin les recettes d'hier. Mais au bout du compte le profit est la plus part du temps resté personnel et le lien du réseau a disparu. Il n'en est pas sorti de création d'entreprises du droit. Là encore le manque cruel d'un Business Model s'est fait sentir.
Il nous faut chercher notre salut ailleurs et peut être dans des secteurs jusqu'alors inconnus chez le professionnels du droit des affaires.
" Ce n'est plus en rajoutant des lames à son rasoir que Gilette va trouver sa nouvelle recette stratégique de demain. L'innovation incrémentale contrairement à l'invention radicale se limite à rajouter des lames pour aboutir à un rasoir à "15 lames, en soi utilisable"
En d'autres termes, pour se différencier des autres il faut d'abord se différencier de son origine économique et culturelle professionnelle et trouver de nouvelles voies de profits.
Mais, s'il y a une leçon à tirer de la cupidité sans frein développée par le monde économique et financier de ces dernières années, c'est certainement que la recherche d'une différentiation ne consiste pas à mentir pour profiter des autres. Innover ne consiste pas à changer nos valeurs au nom du profit.
(Fin de la 1ère partie)
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